Qu’est-ce qu’un vin biodynamique ?

par | Jan 20, 2019 | Textes | 0 commentaires

De nos jours, nous buvons différents types de vins « certifiés » : vin conventionnel, vin bio, vin nature et le plus mystérieux de tous, le vin biodynamique. Mystérieux par son nom à consonance « magique » et mystérieux aussi par le faible nombre de vignerons pratiquant cette agriculture, à peine quelques centaines en France (sur près de 85 000 exploitations viticoles). Ce label que l’on aperçoit donc de plus en plus souvent chez les cavistes spécialisés certifie que l’agriculture est encore plus bio que bio. Mais concrètement,  qu’est-ce que la biodynamie ? Qu’apporte cette culture aux vins et quelles différences avec un vin bio ? Focus dans cet article…

 

Un concept revenu à la mode, qui date en réalité de 1924

La biodynamie est une certification qui a le vent en poupe en ce moment. Vous avez dû en entendre parler à propos des vins bien évidemment mais aussi concernant les fruits-légumes (chez Naturalia, Biocoop et autres supermarchés bio). Vous le savez, à cause des pesticides et autres produits plus ou moins chimiques que l’on peut potentiellement retrouver dans nos aliments et nos bouteilles de vins, le consommateur recherche toujours plus de garanties sur la qualité des produits, d’où la certification. La biodynamie n’est pas un mode d’agriculture « nouveau » et même si le concept est en pleine croissance chez les agriculteurs, c’est une méthode de culture qui est âgée de presque 100 ans. Pensée, structurée et formalisée par un Rudolph Steiner en 1924, la biodynamie est un mode d’agriculture qui respecte la nature et le « vivant ».

L’objectif de la biodynamie est se nourrir mais en élaborant des produits de très grande qualité tout en respectant la terre, l’homme et la nature en créant le maximum de biodiversité pour obtenir une meilleure qualité de fruit (ou de légume). Dans ses gênes, la biodynamie prône un retour à la polyculture, à l’organisme agricole autonome.

Par son fonctionnement et son cahier des charges, la biodynamie offre aujourd’hui la plus haute certification « naturelle » sur les produits nous achetons. Offrant à la fois un gage de grande qualité mais aussi et surtout de protection des sols, de la faune, de la flore et aussi de l’homme qui la cultive. Beaucoup de vignerons pensent que c’est la meilleure façon de remercier la nature pour les produits qu’elles nous offrent.

Mais quel est l’intérêt par rapport à un vin bio ? Quid du travail dans les vignes ?

 

 

La biodynamie dans les vignes

Objectif : renforcer la structure des sols et la défense immunitaire des plantes.

Premier point commun dans la culture des vignes, la non utilisation de produits de synthèse : les fameux pesticides. Le vigneron n’aura donc plus la possibilité de désherber chimiquement ou de soigner ses vignes avec des fongicides de synthèse.

Deuxième point commun, l’utilisation de pesticides naturels (molécules naturelles) pour combattre les maladies : le cuivre (la fameuse bouillie bordelaise) et le souffre (en poudre ou liquide) mais en quantité réduite (4kg pour la viticulture biologique contre 3 kg max pour la biodynamie).  Différences par rapport au bio, l’utilisation de préparations « biodynamiques » dans les vignes à base compost de bouse de vache et de plantes infusées, tout en utilisant le calendrier lunaire.

Les « outils » de la biodynamie

Des préparations à base de bouses de vaches fermentées dans des cornes de vache sont dynamisées avec de l’eau de pluie, puis épandues dans les vignes. Cette préparation porte un nom : la préparation 500 ou p500. Aussi, des infusions de plantes (tisanes) telles que la prêle et l’ortie sont aussi pulvérisées dans les vignes pour réguler les maladies. D’ailleurs, ces tisanes sont souvent mélangées au cuivre ou au souffre pour plus d’efficacité. On pourrait presque dire que La biodynamie est pour les plantes ce que l’homéopathie est pour les hommes.

 

La biodynamie dans l’élaboration du vin

Une biodiversité retrouvée dans les vignes, une plante qui retrouve aussi sa splendeur et forcément des raisins de meilleures qualités, voici ce qui arrivent au chai pour être vinifier. Voilà tout ce qu’offre la biodynamie aux raisins. Pour faire simple, plus ils sont de meilleures qualités (organoleptique et sain), plus il sera facile de faire un véritable vin de terroir.

La fermentation doit démarrer spontanément, sans levures sèches ajoutées, seulement avec ce que l’on appelle les levures indigènes. Quelques intrants naturels comme la bentonite (argile), du blanc d’œuf et de la colle de poisson, devant tous certifiés biodynamiques, sont autorisés pour coller les particules avant la mise en bouteille (dépôt, bourbe).

Concernant les célèbres sulfites, la aussi les doses sont infimes et sont inférieures à 90 m/L pour les vins blancs et 70 m/L pour les vins rouges. Alors que tenez-vous bien la dose peut atteindre jusqu’à 200 mg/L pour un vin conventionnel, même si je doute que ce niveau soit atteint. En conséquence la biodynamie offre des vins plus proches du « naturel » et plus proche et du terroir.

Les deux logos des organismes : Demeter et Biodyvin

 

Résultats et certifications

Difficile en goutant un raisin de voir la différence sur le jus. En revanche, après fermentation et donc en goutant le vin, vous constaterez une certaine énergie, souvent une tension plus prononcée. Encore faut-il boire ce type de vin dans un véritable verre et sans éléments perturbateurs. Et puis, entre nous, même si au nez et en bouche on ne constate pas vraiment de différents, au début au moins, dites-vous bien que vous participez à la protection d’un écosystème et d’un terroir. Moins de chimie, moins de produits de synthèses et cela permettra surement à la vigne de respirer à nouveau, avec des sols de plus en plus vivants.

Concernant les certifications, la aussi il est facile de les identifier. Deux organismes proposent leur certification : Biodyvin et Demeter. Différence entre les deux, le premier est un syndicat et le contrôle et la certification se réalise via un organisme neutre et indépendant comme ECOCERT (comme pour l’agriculture biologique). La deuxième organisation, DEMETER, certifie elle-même via son organisation. Cette organisation date des années 1930 et c’est donc à ce jour la plus ancienne organisation pour œuvrer à une agriculture biologique.

Pour se convertir à la biodynamie, les vignerons sont obligés d’être d’abord certifiés à l’agriculture « bio ». Une période de conversion d’au minimum 2 ans sera nécessaire pour obtenir le fameux label.

Moins de 500 domaines sont certifiés en France par les deux organismes et même s’il est possible d’en trouver en grandes surfaces, ces bouteilles restent assez confidentielles. Autrement dit, le meilleur moyen d’en trouver est de se rendre chez des cavistes indépendants ainsi que chez les magasins « bio » type Biocoop.

J’ai rencontré plusieurs domaines certifiés en biodynamie par les deux organismes et apportant la preuve que les vins ont plus de tension et d’énergie à offrir : RDV au domaine des Carabiniers et au domaine Inébriati !

Astuces : Comment les trouver lors d’un week-end dans les vignobles ?

RDV sur votre navigateur et inscrivez « Carte producteur DEMETER ». Un lien vous amenez directement à une carte des vignerons certifiés par l’organisme sera disponible !

Sources et informations supplémentaires :

Carte des vignerons DEMETER

Liste des intrants autorisés dans le processus de vinification bio

La célèbre infographie révélant les produits utilisés selon les modes de viticulture

Le Label Biodyvin, charte et adhérents