Pressurage direct de novembre, l’actualité viticole du mois

par | Nov 24, 2021 | Pressurage direct | 0 commentaires

Novembre… Novembre… Après l’effervescence des vendanges et des vinifications, la vigne s’endort et laisse aux vignerons le temps de souffler un peu avant de se lancer dans les travaux d’hiver. Le brouillard et l’humidité envahissent les vignobles – en particulier la Bourgogne, parole de bourguignon – et si Novembre n’est pas un mois particulièrement agréable, il est heureusement ponctué d’événements rituels qui témoignent de la convivialité qui caractérise le monde du vin.

Beaujolais nouveau

3ème jeudi du mois, annoncée en grande pompe dans le journal de 8h de FranceInter comme sur toutes les chaînes de télévision, c’est la sortie du Beaujolais Nouveau bien sûr, qui retrouve après une édition confinée le chemin des bars et des restaurants. Dans l’édition numérique d’En Magnum, Gilles Durand-Daguin décerne avec sa plume toujours enlevée et légère ses prix 2021 après une dégustation de 12 vins et ça tombe bien, pour avoir dégusté une partie des vins de son banc d’essai, je m’y retrouve et recommande vivement le Beaujolais Village Nouveau du Château de Lavernette, labellisé bio et demeter. 

Les Hospices de Beaune

Après le Beaujolais Nouveau, pas le temps de respirer, direction la Bourgogne, c’est le coup d’envoi des festivités de la vente des vins des Hospices de Beaune. Dégustation du Roi Chambertin, Dégustation des jeunes vignerons de La Relève, Fête des Grands Vins de Bourgogne, dégustation des vins des Hospices avant leur mise en vente, séances dédicaces des derniers ouvrages du vin parus à l’Athenaeum, et de nombreux autres événements se succèdent et se chevauchent jusqu’à l’apothéose, la vente enfiévrée qui, sous le marteau de Sotheby’s qui a ravi la vente à Christie’s, a vu ses 362 lots emporter 11,7 millions d’euros hors frais, avec une augmentation du prix par cuvée de 85% par rapport à l’année dernière, +56% pour les rouges, +115% pour les blancs. Et le suspens est à son comble, à combien s’est vendue la Pièce des Présidents ? Le fût de 228l de Corton Renardes Grand Cru était vendu au profit de la Fédération Nationale Solidarité Femmes qui lutte au quotidien contre les violences faites aux femmes et de l’Institut Curie, dans le cadre de leur programme de recherche médical contre le cancer du sein. Au terme de quinze minutes d’une bataille d’enchères épique entre des acheteurs chauffés à bloc par Pio Marmai, parrain de l’édition avec Jeanne Balibar et par le public qui applaudissait à tout rompre, elle a été adjugée à 800.000€, un nouveau record.

Le récit de ces 15 minutes de folie est à lire chez DijonBeaune Magazine ou à revivre en intégralité

Décès Eloi Dürrbach

Il y a les célébrations mais il y a aussi les disparitions et 2021 est décidément une année bien triste pour le monde du vin : Eloi Dürrbach nous a quittés le 12 novembre à l’âge de 71 ans. On lit dans le Monde l’histoire de ce fils d’artistes, architecte de formation qui décide finalement de se lancer dans le vin et façonne 17 hectares de vignes  au cœur des bois et de trois vallons sur des terres appartenant à ses parents. Il plante sur 50% de la superficie du cabernet-sauvignon, un cépage atypique pour la région qui sera écarté de l’AOC Baux de Provence à sa création. Eloi Dürrbach reçoit la visite d’un Aubert de Villaine venu incognito, les vins sont ensuite dégustés par Robert Parker qui accorde la note de 100 au millésime 1982, la légende Trévallon est en marche. 

On peut également lire dans Terre de vins quelques extraits d’une interview donnée en 2015, on est impressionné par la force et le parcours de cet homme et on est pris d’un pincement au cœur lorsqu’à la question « Que boira-t-on le jour de tes obsèques ? », il répondait « Le plus tard possible, un trévallon 2007, si c’est dans vingt ans ! ». Nous adressons nos sincères condoléances à la famille de ce grand vigneron et homme apprécié et admiré. 

L’aventure Vinifilles

Pour lutter contre la solitude du vigneron et l’abattement ressenti lorsque les aléas climatiques s’enchaînent sans répit comme en 2021 et échanger au quotidien, on lit dans Libération (article réservé aux abonnés) la belle aventure des Vinifilles, une association fondée en 2009 qui regroupe 21 vigneronnes en Occitanie. Loin de vouloir rester en non-mixité, les membres évoluent également dans d’autres groupes, d’appellation, de méthodes de travail, de mutualisation de la commercialisation (à l’image des Intrépides qui réunit des petits domaines pour les faire connaître en bloc) mais ce groupe a une place à part. On lit par exemple le témoignage d’Anaïs Ricome, la talentueuse vigneronne de la Croix Gratiot qui produit les plus beaux vins de l’appellation Picpoul de Pinet et qui confie son sentiment d’isolement à son arrivée dans l’appellation entièrement plantée donc sans nouveaux arrivants et dont 85% de la production est répartie entre 4 caves coopératives. Elle produira cette année 540 hectolitres contre 1800 habituellement à cause du gel et pour ne pas déposer le bilan, elle pourra compter l’aide d’une amie vigneronne du Gard qui la dépannera de quelques raisins si le dédommagement de l’assurance n’arrive pas à temps. Autre bel exemple de solidarité, lorsque Armelle Tafoiry se casse le pied  au ski, les Vinifilles et son voisin vigneron se proposent immédiatement pour finir la taille.

Vins doux de France

Un peu de douceur pour terminer cette revue de presse ? 

Dans le Monde (article réservé aux abonnés), Ophélie Neiman met un coup de projecteur  sur des vins menacés de disparition tant ils sont boudés par les consommateurs et coûteux à produire : vins liquoreux de France et d’ailleurs, vins doux naturels. A déguster seul ou à table, donnez leur une chance, ils en valent la peine !

Rédacteur : Romain – @Lastringent_

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