VIN / 20 : LES APPELLATIONS

par | Mai 9, 2017 | Textes | 0 commentaires

« J’ai bu un Bordeaux hier soir… C’est bien ça Bordeaux ? Un Bordeaux Bordeaux ou un Medoc, un Saint Emilion … ? »

J’entends souvent ce genre de remarque le matin quand je discute avec des amis ou des collègues. C’est cool de parler de vin avec des personnes mais le souci c’est qu’elles ne font pas forcément attention à l’appellation qui est indiquée sur la bouteille… Je m’explique !

Il existe 3 critères d’appellations pour les vins en France. L’AOC (AOP pour l’UE), L’IGP et le Vin de France. A eux trois, Ils font la classification et la hiérarchisation des vins. Ils en reflètent donc la qualité.

Mais c’est une qualité un peu subjective, car chacun a un goût et une opinion particulière sur la dégustation. On peut très bien préférer un IGP à un AOC par exemple… Mais bon, pour bien comprendre, les AOC sont (théoriquement) de meilleures qualité suivis de l’IGP et pour finir du Vin de France.

A Quoi servent ces appellations ?

Les Appellations servent à reconnaître et identifier un vin (ou un produit d’ailleurs) produit sur un terroir donné avec une histoire et une méthode de fabrication précise et caractéristique du lieu d’appellation.

Pour vous donner un exemple avec ma fameuse AOC Languedoc (ahah). L’AOC permet de reconnaître non seulement le savoir-faire local mais aussi de régir les règles qui vont servir à produire le vin avec les techniques et les cépages locaux.

432 Appellations sont reconnues en France :

Les vignerons qui ne souhaitent pas respecter ce cahier des charges pour des raisons de techniques, de coûts et même de goûts auront comme simple appellation, l’appellation Vin de France. C’est un Label qui s’appelait auparavant Vin de Table (ce qui était vu comme plus péjoratif…). C’est une certification qui donne les règles de fabrication aux vignerons selon la méthode « française » et avec des raisins français. Pour le reste, ils produisent le vin ou ils le souhaitent et avec les cépages qu’ils désirent.

357 Appellations d’Origines contrôlées (AOC) en France !

Créée en 1935, juste avant la seconde guerre mondiale, l’Appellation d’Origine Contrôlée ou AOC est gérée par l’INAO, l’Institut Nationale de l’Origine et de la qualité. Sa mission est de protéger le terroir et la dénomination sur le territoire en question. Pour qu’un vigneron obtienne un AOC sur l’un de ces vins, il doit respecter un cahier des charges bien précis sur la taille, la façon de produire le vin, le rendement, l’élevage etc… La mention « Appellation d’Origine Contrôlée » est obligatoire sur l’étiquette d’un vin et l’emplacement sur cette dernière dépend des AOC.

Pour voir l’exemple du cahier des charges de l’appellation Anjou c’est ici !

Au sein même des AOC présents dans les vignobles, il existe une hiérarchisation avec des cahiers des charges de plus en plus strictes. Plus l’on monte dans la qualité, plus le cahier des charges sera difficile à respecter et plus l’AOC sera difficile à obtenir et à conserver ! Et tout cela se reflètera sur le prix final…

L’infographie en début d’article est sur la hiérarchisation du vignoble Bordelais…

Bien sûr, la hiérarchisation est différente selon l’âge et la maturité commerciale et historique des vignobles. Pour bien comprendre les différences, voici la hiérarchisation du vignoble du Languedoc :

Les appellations : Hiérarchisation des AOC du vignoble du Languedoc

Hiérarchisation des AOC du vignoble du Languedoc

 

L’Indication Géographique Protégée : 75 en France

L’Indication géographie protégée date quant à elle de 1992 pour les produits agricoles et 2009 pour les produits viticoles. Avant, l’IGP était un vin de pays (exemple Vin du pays de l’Hérault).

C’est une appellation qui, comme l’AOC, protège et reconnait une façon de faire sur un territoire précis. Un cahier des charges doit être respecté pour faire un vin IGP. A la différence de l’AOC, l’IGP est plus flexible sur le cépage et la façon de produire le vin.

Certains vignerons, préfèrent aller vers l’IGP pour des raisons de coûts et de flexibilité.

Il existe, au même titre que pour les AOC, une hiérarchisation des IGP. Elles peuvent être régionales, départementales ou même locales. Et plus l’IGP est petite, plus la notion de terroir local est forte !

La mention d’Indication Géographique Protégée est obligatoire sur les vins en IGP mais l’emplacement est libre sur l’étiquette.

Les appellations : Exemple étiquette IGP

Exemple étiquette IGP

Les appellations : exemple IGP

Un vigneron peut donc très bien faire du vin en IGP mais aussi des cuvées en AOC !

A mon sens, il faut goûter et tester les différentes cuvées d’un vigneron, l’appellation ne veut rien dire en soi… Seuls le travail du vigneron et vôtre goût importent pour répondre à la question : « Ce vin est-il bon ? »