Pressurage direct, l’actu viti du mois de novembre

par | Nov 27, 2020 | Pressurage direct | 0 commentaires

L’illustration qui a fait polémique

Cette semaine, je vous avais préparé une sélection de  titres consacrés à l’actu viti, glanés dans les médias généralistes et professionnels. Mais avant-hier,  je suis tombée sur le compte insta  “Paye-tonpinard” et j’ai bondi ! En story, le compte dénonce une bd incluse dans le dernier numéro de “En Magnum” (revue éditée par le très sérieux et respectable guide “Bettane et Desseauve”) Voici l’extrait en photo.

“Paye-tonpinard” voit une référence à Fleur Godart, à sa cuvée féministe ainsi qu’à son agence “Vins et Volailles”. Le propos est plus que cohérent tant la référence semble à peine masquée. La machine instagram s’emballe, de nombreux vignerons/nnes relayent l’info, et je me dis que “ouf !” : tout n’est pas perdu !

Le lendemain, “Bettane et Desseauve” publie, en bonne et due forme, un communiqué niant la dimension misogyne du propos, arguant que le dessinateur-auteur faisait, en fait, une référence implicite à son domaine et s’adonnait donc à l’auto-dérision.

Peut-être est-ce vrai, peut-être que monsieur Regis Franc faisait effectivement référence à son propre domaine “Chante Cocotte”. Le doute profitant à l’accusé, je cède sur ce point-là. En revanche, le communiqué de Bettane et Desseauve est plus que maladroit. A partir du moment où des femmes du métier se sont senties jugées, décrédibilisées et attaquées, la bonne réponse n’aurait-elle pas été de commencer par présenter de plates excuses ? Bondissant sur ma chaise à la lecture de certains commentaires, je me demande ce que je peux faire ? Chez “ni bu ni connu” le web média a été créé par un homme mais la rédaction est aujourd’hui composée de 6 femmes sur 9 personnes. Willy, le fondateur, me dit : “fais ce que tu veux, si tu penses qu’il faut relayer, relaies, tu es libre, on te suit.”

Un sexisme bien présent

Alors ce mois-ci, à la place des titres de l’actu viti classique, je vous partage des articles qui démontrent que le sexisme existe bien dans le monde du vin et qu’il serait temps d’accepter cette réalité afin de la faire évoluer, je vous invite donc à lire ou relire : 

  • Le blog d’Isabelle et Bruno Perraud : “Du sexe, du sexisme et du vin dedans” (dans lequel il y a une dédicace à notre cher Alban Michel qui, lui, a su trouver des noms de cuvées anti-sexistes et drôles en plus d’être décoiffantes pour nos papilles) Lien vers le site web : https://cotes-de-la-moliere.com/sexe-sexisme-et-du-vin-dedans

Je rappelle que nous étions il y a quelques jours le 25 novembre, date choisie par l’Assemblée des Nations Unies pour célébrer la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes. Les violences contre les femmes sont définies juridiquement comme : “tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ». Il semblerait que certains soient passés à côté de cette date symbolique… 

Et pour rappel, le site Vin et Société, en juin 2019, affirmait aussi  “Si l’univers du vin reste encore en 2019, assez masculin, la profession se féminise massivement et des réseaux s’organisent pour faire entendre la voix des femmes. Aujourd’hui, les femmes représentent 50 à 60% des nouvelles promues en œnologie, 30% des cheffes d’exploitation, 20% des sommelières en France (contre 80% dans les pays du nord, il y a encore des progrès à faire ”.

A bon entendeur, santé ! 

Rédactrice de votre Actu viti : Fanny Courty