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LE DRAME DES PESTICIDES, UN CERCLE VICIEUX POUR LES VIGNERONS

Depuis quelques temps, je remarque la présence d’un débat sur les « tristement » célèbres pesticides utilisés dans les vignes (et dans toute forme d’agriculture et d’horticulture). On le sait, ces produits phytosanitaires, comme les appellent les marques comme Monsanto, sont nocifs pour l’homme et détruisent nos terroirs. Il se pourrait même, qu’on les retrouve dans nos verres de vin. Seul remède efficace et durable, le passage à la viticulture biologique pour retrouver vie(s) dans les vignes. Parce que dans ce mode, aucun produit chimique n’est autorisé. Vous l’aurez compris, on gère l’herbe mécaniquement (à cheval ou à pieds) et on essaye d’être le plus curatif possible dans la gestion des maladies comme le mildiou.

Pour rappel, un pesticide peut-être un herbicide, insecticide et un anti-fongique, tous issus de la chimie de Synthèse.

Un autre débat, tout aussi intéressant, existe : celui autour de l’utilisation du cuivre dans les vignes. D’ailleurs je ne sais pas d’où viennent les très nombreux reproches contre ce dernier mais on a beaucoup parlé des dangers de ce pesticide naturel pour combattre le mildiou (et d’autres maladies). Dangers ? Celui de tasser les sols, celui de les bourrer de cuivre et de nuire au développement de la biodiversité dans les vignes. Je pense que comme tous produits utilisés en masse, le problème c’est la dose ! Vous qui doutez du cuivre, en viticulture biologique, sa limite est fixée est à 4 Kg / ha / an dans les vignes depuis 2019 quand il était à 6 avant. Le cuivre ne rentre pas dans la plante, reste à sa surface et il est lessivé à chaque averse de pluie. A ce niveau, il n’est donc pas un danger. La gestion des sols chez les vignerons que j’ai rencontrés le prouve… Le cuivre n’est pas un ennemi, mais un grand allié, s’il est utilisé dans des proportions raisonnables.

Comment comparer pesticides issus de la chimie et sulfate de cuivre en termes de destruction des sols ? Surement parce que, encore une fois, on ne se rend pas compte de la force et du danger des produits de synthèse !

Voici l’histoire des pesticides.

Un épandage dans les vignes

Le désherbant chimique  (herbicide)

Pour commencer, imaginez-vous le travail quotidien d’un vigneron dans les années 50-60. Le tracteur, comme la télévision ou la voiture, n’était pas encore l’outil que tous pouvaient s’offrir. Le vigneron était fourré dans ses vignes, à pieds ou à cheval. La gestion de l’herbe était l’une des tâches les plus importante mais aussi l’une des plus chronophage pour le chef du domaine (ou pour ses petites mains). Quel dur labeur !

De tous les vignerons « bio » que j’ai pu visiter, j’ai constaté un dénominateur commun : 60 à 80 % de leur job se passe dans les vignes. Et bien évidemment, pour eux, la gestion de l’enherbement est l’une des missions les plus longues et fatigantes.

Alors, imaginez-vous dans les années 50-60 quand le désherbant est arrivé… Quel gain de temps considérable pour les vignerons et bien-sûr, quelle révolution et quelle innovation pour celles et ceux qui se « cassaient » le dos dans leurs vignes. Pour faire simple, on pouvait en 20 minutes, désherber plusieurs parcelles, quand mécaniquement, il en aurait fallu une journée ! Les risques associés au désherbant chimique (Glyphosate type Roundup) n’étaient pas encore connus : aucun danger en apparence.

Vous ne vous êtes pas imaginés ce qu’un désherbant, utilisé, pendant des années pouvait causer dans les vignes ? Et bien la réponse est simple : Destruction de toutes vies* et donc de toute biodiversité* ! Inutile de vous dire que la vigne a ressenti ce manque, car tout est lié, of course ! Il a fallu attendre quelques années pour que les vignerons le comprennent. Et autant pour que les industriels trouvent une solution, chimique, une fois encore, à cela…

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Sols désherbés = pas de matières organiques pour les sols, les champignons et les vers de terre.

Pas de vers de terre = pas de galerie et donc de sols aérés = érosion, pollution nappes phréatiques, rivières

Pas de biodiversité = pas d’échange et de symbiose entre sol et racines.

Pas de symbiose = vigne moins nourrie, plus fragile.

Crédit photo : Alexandra de Vazeilles – Différence entre une vigne sous herbicides et une vigne pleine de vie

L’arrivée des engrais chimiques

Il fallait donc trouver quelque chose pour nourrir les sols et la vigne. La vigne ne pouvant plus se nourrir grâce à la biodiversité et à la vie dans les sols, des tonnes et des tonnes de produits supports de croissance ont été utilisées par les vignerons. L’arrivée des engrais chimiques était donc vu comme une avancée, et même une avancée considérable dans le monde du vin : un produit créé pour redonner vitalité aux vignes et faire gagner encore plus de temps aux exploitations. Au-delà de ça, l’engrais est évidemment devenu en quelques années un business fort lucratif pour les entreprises qui le produisent.

Les engrais sont gorgés de sels, la plante a été forcée à capter de plus en plus d’eau dans les sols et autour d’elle. Cet excès d’eau a engendré des développements plus virulents de maladie.

Le mildiou, ce petit champignon qui s’attaque aux feuilles et aux fruits.

Les antifongiques (antibiotiques) : Une vigne sous perfusion !

Il nous aura fallu beaucoup de temps pour comprendre qu’en déréglant la vie et autres symbioses naturelles, la vigne développerait des maladies encore plus féroces qu’à l’époque. Les mêmes maladies sont apparues, mais encore plus puissantes et plus dévastatrices. Dans les années 80, les vagues de mildiou, pour ne citer qu’elles, sont devenues si violentes que les vignerons ne pouvaient plus les traiter qu’avec du cuivre.. Malgré des dizaines de kilos largués par hectare, le mécanisme de défense des vignes était déjà si perturbé si bien qu’elles n’arrivaient plus à résister aux attaques, même aidées du cuivre.

« L’arrivée des antibiotiques dans les vignes vient finalement boucler la boucle : celle d’un cercle vicieux qui empêcherait qui que ce soit de sortir de ce système »

L’arrivée des antibiotiques dans les vignes vient finalement boucler la boucle : celle d’un cercle vicieux qui empêcherait qui que ce soit de sortir de ce système. Moins de vies pour plus d’engrais. Plus de maladies pour plus d’antifongiques. Des anti-cryptogamiques qui rentrent au cœur même de la plante, dans son sang, sa sève. On appelle cela un produit systémique car il atteint le système de la plante (il rentre dans sa sève). La moindre déclaration de maladie et on traite. Désolé, on ne traite plus, on « prévient ». Le vigneron, qui n’en est plus tellement un, ne se prend même plus la tête à observer ses vignes, la vie et les maladies. On traite en préventif… Encore une avancée pour le vigneron. Un temps considérable gagné qui lui permet d’acheter encore plus d’hectares et d’agrandir son chai de vinification.

La viticulture biologique bannie, de son cahier des charges, l’utilisation de pesticides de synthèse. Elle permet un retour à la biodiversité dans les terroirs. La viticulture biodynamique, quant à elle, va plus loin en permettant de réduire considérablement les doses de cuivre…

SOURCES :

Article tristement intéressant : Les abeilles en voie de disparition

Source : Nicolas Joly – le vin, la vigne et la biodynamie

Retour sur le cash investigation, notre santé en danger

Les pesticides sont dans le vin ! Vidéo Nouvel obs

La biodynamie, un bon remède pour soigner les sols, voir le point de vue de Christophe Erhart.

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